Ice Trail Tarentaise 2014, c’est fait, je suis un Skyrunner !!!

Publié le par fabienantolinos

Ice Trail Tarentaise 2014, c’est fait, je suis un Skyrunner !!!

Le mois de Juin était estival et comme les saisons se suivent celui de Juillet… automnal ! Après six jours sous la pluie à Val d’Isère, youpi la météo annonce des éclaircies dans la nuit et du beau pour le dimanche matin. Pour une fois mes affaires sont prêtes à l’avance et je suis impatient de partir à l’assaut de ce bel itinéraire qui nous emmènera vers deux sommets de plus de 3000m et des paysages montagneux. Le réveil sonne à 2h du matin, je regarde par la fenêtre et il pleut !!! Changement de stratégie vestimentaire après le petit-déjeuner et je rejoins la ligne de départ pour 4H.

C’est la première fois que je prends le départ d’une course avec la sensation de partir en rando avec mon sac à eau Nathan rempli au maximum du matériel obligatoire et de quoi tenir 3h30 de course. Ça part vite sous l’impulsion de Luis Alberto, le récent Champion du monde de Skyrunning 80 km. De suite je me trouve poussif, pas dans le rythme et met cela sur le compte d’un échauffement bâclé…

Les mauvaises sensations se confirment dans la première bosse. La veille on nous avait expliqué que nous étions des skyrunners, je m’imaginais donc courir proche du ciel et voler sur les sentiers de montagnes, je me réveille les pieds dans la boue, je marche dans le noir, sous la pluie et les fesses qui touchent presque parterre. Je suis obligé de laisser partir Luis Alberto, François Dhaene, Tom Owens et fais sentier commun avec trois autres coureurs. Je me dis que la journée sera très longue et qu’il faudra s’accrocher pour ne pas finir trop loin ! Depuis Tignes nous devons grimper 1500m, dont plus de 600 dans la neige, pour accéder à l’épaule du sommet de la Grande Motte à 3600m d’altitude. Le soleil apparaît enfin quand nous approchons de la cime. Le spectacle est sublime et je reprends un peu le moral avant de plonger sur la piste noire de descente. Les premiers croisent les suivants et c’est l’occasion de saluer les copains du Team Terre de Running-Mizuno ainsi que d’autres concurrents qui me soutiennent chaleureusement. Nous nous encourageons, je trouve la descente raide et pénible sur cette neige relativement dure. Nouveau passage au ravito, j’enlève mes Yaktrax, sortes de chaînes pour chaussures de trail et file en descente vers le col de la Leisse puis de Fresse. La neige est molle, les appuis plus qu’aléatoires et les muscles sont mis à rude épreuve. Malgré tout je reviens sur Merillas et apprendrai plus tard que j’avais réalisé la meilleure descente.

Au ravito du Charvet j’informe ma mère et Pascal que la forme n’est pas au rendez-vous mais malgré mes 7’ de passif sur la tête je sais que le chemin est encore long vers Val D’Isère. Les passages qui suivent sont plus courants, je pointe mes adversaires à 5’ puis 4’30 avant de reperdre une minute sous le col de la Rocheure. Nous enchainons des vallons avec de la neige lourde où les appuis s’enfoncent parfois jusqu’à la cuisse avant de plonger vers le refuge du fond des Fours et le ravito 3.

Arnaud et David m’accueillent en me tendant mes deux bidons et en annonçant 7’ sur Owens troisième et dix minutes sur la tête. Je ne me pose pas de question et repars aussitôt pour gravir le col des Fours. Un calvaire, je marche presque à l’allure des randonneurs du coin et je n’ai plus beaucoup de force dans les cuisses. Je pense alors positif et me dis que je m’entraîne bien pour mon UTMB. Je vois parfois la silhouette de Tom Owens et j’ai l’impression que je grignote du temps. Au passage du col les signaleurs me disent qu’il n’est pas très loin, je suis dans une phase positive et j’en profite pour réaliser une grosse descente jusqu’au pont de neige tout en me faisant la réflexion que les muscles réagissent plutôt bien aux mauvais appuis perpétuels que nous impose le terrain.

Deux kilomètres de route à 10% m’amènent au ravito 4 de la cascade mais aussi les premières crampes qui me signalent d’être prudent même si Tom n’est plus très loin, au pire deux minutes. Je prends du temps pour changer de poche à eau et transférer mon matériel obligatoire, les enfants me donnent mon bidon à boire sur place et je repars, courbé sur les bâtons. Dernier gros morceau avec l’ascension de l’aiguille Pers. Je rattrape Tom, une petite tape dans le dos, un « allez ! » pour moi, un « Go, Go ! » pour lui, je le relance, il sort ses bâtons et m’emboite le pas… il faudra que je reste vigilant jusqu’au bout ! Avant le dernier raidard Luis Alberto pointe 10 minutes devant moi et le premier coureur de l’Alti Speed me double. Je croise François qui descend déjà, tout sourire puis j’ai la bonne surprise de voir me doubler Nico Pianet, deuxième de l’autre course et en bonne forme dans cette montée bien raide. Arrivée au sommet, il y a des alpinistes et nous nous sommes en short et baskets…

Je me jette dans la descente sans me retourner et croise une nouvelle fois avec bonheur les coureurs du Team, l’occasion de prodiguer quelques encouragements réciproques. A l’approche du ravito de l’Iseran je relance fort sur les plats et on m’annonce même Luis Alberto à seulement 3 minutes. Cinq minutes après je le reprends alors qu’il marche, il abandonnera au col, exténué.

Je me remémore avec délice Jean de la Fontaine et le lièvre et la tortue sauf que le lièvre de tête est quand même à 17’ de moi !!! Je sais que je joue la deuxième place, pour un jour sans je m’en contenterai en signant des deux mains. Je soutiens mon effort pendant encore 300m de dénivelé vers le tunnel puis assure toute la descente. Derrière c’est au moins à 5 minutes et je ne veux pas me blesser ou m’exploser davantage les cuisses. Au lac de l’Ouillette mes parents sont présents et me disent d’assurer car François vient d’arriver, je regarde Val d’Isère en contrebas, il me reste presque 20’ à courir… il me reste encore du boulot pour être au niveau du premier ou deuxième mondial!

Pour une fois je n’arrive pas trop dans la souffrance, j’ai même pris beaucoup de plaisir ces deux dernières heures, les muscles ont tenu, j’étais encore capable de poursuivre mon effort, d’excellents coureurs sont derrières, bref, les voyants sont au vert. Une bonne course de passée, une belle organisation que je remercie pour son invitation et à laquelle je tire un grand coup de chapeau pour le tracé du parcours dans des conditions très pénibles.

Un grand bravo à François pour sa course parfaite et à tous les finishers, aujourd’hui skyrunners, de cet Ice Trail Tarentaise 2014.

Enfin, un grand merci aux copains du Team terre de Running Mizuno pour leur présence, leur bonne humeur, leurs encouragements et leurs performances. A tout le staff et les partenaires qui nous mettent dans les meilleures conditions afin de donner le maximum sur les chemins.

Prochain grand rendez-vous à l’UTMB, d’ici là il y aura des vacances en famille mais surtout une préparation à finaliser pour arriver à 100% le 29 août prochain.

A très vite, Fabien.

podium d'arrivée

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Gaëtan Janssens Magento Grenoble 23/07/2014 13:47

Bravo Fabien, une belle gestion de course.
Ton amour pour la montagne fait plaisir à lire. Continue à nous faire rêver.
A bientôt sur les chemins.