Trangrancanaria pour le plaisir...

Publié le par fabienantolinos

Premier dossard trail de l'année , je reviens sur la Transgrancanaria dans l'article suivant. Prochain dossard pour bientôt pour préparer le Madeira Island Ultra Trail.
Trans Gran Canaria, un résultat «cata», juste courir pour le plaisir !
L’idée de m’aligner sur cette course date déjà de Février 2015. J’étais sur cette île de Gran Canaria, en famille, et je lançais mes premières sorties montagne de la saison sur les sentiers de cet ultra. Revenir pour courir dans de tels espaces était une évidence.
Couper l’hiver rigoureux de cette année était également plutôt un bon plan. J’imaginais au mois de Juin dernier une coupure importante après l’UTMB et une bonne reprise dynamique avec une préparation de quatre mois pour affronter les sentiers rugueux de l’île et les descentes cassantes pour les fibres musculaires même préparées.
Entre temps j’ai voulu courir aux Templiers malgré la coupure, j’ai beaucoup bricolé pendant mon temps libre, fait de nombreuses heures au collège et commencé à squatter les tribunes des gymnases pour regarder les rencontres de Basket de mon fils… J’avais aussi besoin de faire d’autres choses, de couper avec la course à pied après mon abandon à l’UTMB.
Je n’ai repris l’entraînement que le 23 Janvier par les régionaux de Cross et me suis aligné sur ces 125 kilomètres et 7000 de déniv qu’avec un cross de plus, une sortie d’endurance active, une sortie de vélo de 4h et deux sorties trail de 38 et 44 kilomètres. Pour la première fois depuis que j’ai commencé à courir j’avais peur de prendre ce départ. Pas peur de ne pas être dans les premiers, c’était une évidence, peur de me blesser, de ne pas arriver au bout tout simplement.
Virginie me laisse donc au départ à 22h30 ce 24 Février, je ne m’échauffe pas… j’aurai le temps. Malgré la crainte, j’ai quand même envie de courir, de me faire le plus possible plaisir et décide de partir avec une extrême prudence. J’attendrai le jour pour accélérer si je peux ; c’est-à-dire dans 8 heures !
Je monte péniblement les premières pentes et passe le premier ravitaillement à l’heure prévue, au bout de 1h15 de course. Je suis alors 36ème et au moment où tout le monde s’affole dans la descente je ne souhaite pas mettre les watts et perds de nombreuses places. Les gars autour de moi sont survoltés, ça double, ça pousse, ça s’excite, ça fait le yoyo, ça accélère, ça ralenti !!! je n’ai pas vraiment l’habitude d’être dans cette partie du peloton mais je suis assez pessimiste pour beaucoup de coureurs autour de moi. J’arrive au point suivant en 53ème position et pense à ma femme qui m’expliquait que je serai, au pire, dans les vingt premiers… Quand vous êtes souvent devant même les proches ne se rendent pas compte de l’importance du travail et de l’entraînement, et encore davantage sur des formats pareils.
Je ne souffle jamais, je peux même ne respirer qu’avec le nez mais je suis complètement bridé musculairement et n’ai aucune envie de me mettre dans le rouge au risque de ne pas finir la course. A Artenara, km 33, je passe avec 20 minutes de retard sur mes ambitions du jour, je suis 47ème. Je râle quand même parce que mon ravitaillement n’est pas prêt, je suis un randonneur aujourd’hui mais un peu compétiteur malgré tout ! Je gratte ensuite quelques places dans cette nuit qui n’en finit plus, 42ème puis 36ème à Teror au 56ème kilomètre. Mes estimations sur les derniers ravitos sont bonnes, je suis dans des temps acceptables.
La montée sur Cruz de Tejeda est un calvaire, je marche presque tout le temps, j’ai froid, je suis trempé et j’ai envie de me changer mais aussi de voir le soleil. J’arrive au village avec une heure de retard sur le temps optimiste que j’avais évalué.
Me changer, boire, manger, j’ai un regain de moral, d’autant plus que le soleil brille et que les paysages du Roque Nublo sont magiques. Je remonte lentement jusqu’à la 27ème place sur le Pozo de Nieves, le point culminant de l’île avec ces 1900 mètres. Je sens mon assistance s’exciter davantage mais reste calme avec encore 40 kilomètres à couvrir, une éternité à cette vitesse…
Je reste à ma place pendant les interminables dix kilomètres de descente sur Tunte, dans les cailloux la plus grande majorité du temps. J’ai les quadriceps bien cassés mais encore quelques ressources, je vais finir, c’est presque certain et c’est un soulagement.
Les 30 derniers kilomètres se déroulent correctement, je me fais plaisir dans quelques portions de descente, je contrôle mon GPS pour vérifier les allures et gérer la chaleur écrasante dans les derniers canyons, je « ramasse les morts » avant de couper la ligne en 20ème position.
Je suis soulagé de ne pas m’être blessé, heureux d’avoir terminé cette belle course, satisfait de ma prestation avec les petits moyens du jour. Finalement tout a roulé, pas de crampe, pas trop mal aux jambes, pas de soucis intestinaux, pas d’hypo ou de souci d’alimentation. Les voyants sont au vert pour la suite et j’ai une grosse envie de repartir vers de nouveaux beaux objectifs en 2017.
La reprise de l’entraînement s’est faite par du vélo trois jours plus tard et quatre jours après la course je mettais 6-2 / 6-1 à un ami alors que je n’avais pas joué au tennis depuis 15 ans… Encourageant non !
Bref, une belle course, une belle organisation qui mérite d’être mise en avant, de belles vacances en famille et entre amis, un beau spot que je vous conseille pour vos stages de course à pied, vélo si vous voulez fuir les basses températures françaises.
Enfin, bravo à tous les finishers et rendez-vous fin Avril sur le MIUT où j’espère monter petit en petit en puissance.

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