6000D et Sierre-Zinal, un été sous le signe du dénivelé

Publié le par fabienantolinos

Après un stage à Chalmazel (42) avec l’équipe de France de trail et de montagne début Juillet, un stage-vacances en famille de 18 jours à l’Alpe d’Huez ma course au Trail Tour National reprend le 28 Juillet à Aime pour la 6000D.
 
C’est ma quatrième course, les prétendants principaux sont présents, je suis tenant du titre et doit me débrouiller pour faire au moins dans les trois premiers.
 
Cette année la course part à 6h, une heure plus tôt pour allonger les délais et permettre à un maximum des 1250 coureurs inscrits (record de l’épreuve !) de terminer la course en moins de 12h. Nous partons donc au lever du jour sous une pluie fine et une température chaude le tout à une allure vite mais raisonnable. Les premières pentes d’une montée de 1500m permettent à un petit groupe de 6 unités dont je fais partie de se détacher petit à petit. Pas trop de surprise, il y a aux avant-postes Patrick Bringer, Thierry Breuil, Sylvain Court, Nicolas Martin et Fabien Chartoire.
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Après le premier ravitaillement à Plagne-centre deux binômes se forment, Thierry et Patrick repartent fort, je temporise derrière avec Sylvain, le chrono est bon (une minute de gagnée sur l’an dernier) les sensations aussi mais il reste du chemin et il faudra en garder pour le glacier… Après quelques minutes le tonnerre commence à gronder, pas bon signe car l’orage c’est le pire qui puisse arriver. Le ciel se couvre, la pluie tombe de plus en plus fort et l’arrivée à la Roche de Myo à 2700m se fait dans le brouillard, je suis trempé comme une souche et ça caille !!! Pire encore, ce que je redoutais arrive, les signaleurs nous annoncent que la course est écourtée, nous ne monterons pas au glacier. Petit coup de speed, j’ai un peu trop laissé filer et je me lance dans une descente rapide pour combler le retard sur la tête de course. Je suis impatient également de retrouver Virgie au ravito de la Chiope pour mettre mon coupe-vent, mon bonnet et mes gants. Encore une désillusion pendant la descente, les télécabines ne fonctionnent pas, je n’aurai ni mon ravito ni mes vêtements. Au col, il n’y a que deux gars avec des cartons dans les bras, pas de ravito apparent, je demande où est le ravito, on me répond que nous ne montons pas au glacier, qu’il faut descendre. Je m’exécute pensant que le ravitaillement est un peu plus bas, à l’abri du vent qui souffle sur le col… Je ne trouverai rien plus bas, juste de l’eau du ruisseau au « dérochoire » en fin de descente et plus rien à manger depuis un bon bout de temps. Pendant que je remplie Sylvain passe devant et me relaie sur le plat, transition avant la remontée sur le col d’Arpette. Je repasse dans la montée, Thierry est en vue et Patrick a fait un peu le trou sur nous, la gagne semble bien loin pour le moment et il faut d’abord grignoter centimètres par centimètres sur Thierry. Nous nous rapprochons fortement au col où on nous annonce environ trois minutes de retard sur Patrick. Il faudra encore faire l’effort alors que nous passons Thierry sur un sol spongieux avec des appuis fuyants. Nous n’amusons pas le terrain, Arnaud nous annonce 2’50 de retard à Belle Plagne et au ravito de Bellecôte l’écart est de 2’40 environ. Je bois et mange tout ce qui passe et repars à bloque, c’est la gagne qui m’intéresse et je sais que Patrick ne lâchera rien sur ces portions descendantes et roulantes. Je vais me rapprocher jusqu’à 1’57 selon un signaleur puis les efforts consentis dans le froid et sans alimentation durant un long moment auront raison de moi. J’accuse le coup avant Montchavin, Sylvain est encore derrière moi et paraît également émoussé. Au dernier ravitaillement le retard est de 4’, impossible de combler ça sur 10km et sur un coureur qui va bien. Je fais une pose pipi et Sylvain me prend 150m, je ne reviendrai jamais, plus d’essence dans le moteur et des dessous de pieds qui me font souffrir depuis déjà très longtemps. Je rentre sur Aime dans la douleur mais avec tout de même une place sur un podium très convoité conscient que ça n’était pas mon jour !!!
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Je suis également chagriné par mes dessous de pieds très entamés par une descente qui, décidemment, ne m’épargnera pas une nouvelle fois sur cette course. Dans deux semaines c’est Sierre-Zinal et ma première course avec le maillot de l’équipe de France, les podos sont pessimistes et m’annoncent trois semaines pour refaire la peau…
 
Le Samedi 11 Août dans le mini bus pour Zinal le bilan comptable est le suivant :
 
                1, ma place actuelle au TTN après la 6000D
 
                8, le nombre de jour sans poser le talon droit au sol
 
                15, le nombre de jours sans courir
 
                5, les sorties vélo
 
                31, le nombre de kilomètres à effectuer demain, 2200, le D+, 800, le D-
 
                50, les nationalités présentes dans cette grande course de montagne au plateau mondial
 
                3500, le nombre de coureurs attendus sur ce tracé magnifique et sous le soleil en plus…
 
Demain, je sais que je tirerai mon épingle du jeu dans la montée, que je manquerai sans doute de rythme et de vitesse sur la partie haute du tracé très roulante, que je souffrirai des pieds dans une descente extrêmement raide à la fin mais relativement courte tout de même.
 
Je sais aussi que je ferai de mon mieux, sans prépa spécifique, pour honorer ma première sélection en bleu blanc rouge.
 
L’organisation Suisse est au top, le groupe France est super et l’ambiance très détendue. Sont au rendez-vous de cette course « amicale » Philippe Propage (sélectionneur), Frédéric (le Kiné), Maud Gobert, Nathalie Mauclair, Sandrine Motto-Ros, Erik Clavery, Patrick Bringer, Manu Gault, Julien Rancon et moi.
 
Hormis Julien spécialiste de ce genre de formats tous les autres sont là pour « participer », avec comme ambition de faire du mieux possible mais en mesurant la difficulté de la tâche à accomplir sur une course qui ne correspond pas forcément à nos profils et dans une saison impactée par le TTN, la 6000D ou encore la prépa CCC ou UTMB…
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Nous ferons tous de notre mieux, dans nos temps espérés ou pas loin, dans une course qui nous permet de voir que devant c’est du lourd mais qu’on est pas complètement largué sur ce format où les meilleurs du monde étaient présents.
 
Résultats: VICTOIRE de Marco De Gasperi en 2h31min40s devant Cesar Costa (2h37min42s) et Jose David Cardona (2h38min10s), Julien Rancon est 13ème en 2h46min30s, Patrick Bringer 17ème en 2h48min14s, Fabien Antolinos 25ème en 2h52min39s, Erik Clavery 40ème en 2h57min02s, Emmanuel Gault 71ème en 3h08min04s.
 
Chez les dames, VICTOIRE de Aline Camboulives en 3h02min58s devant Stevie Kremer en 3h04min33s, Maude Mathys termine 3ème en 3h08min11s.
Maud Gobert 12ème (3h25min), Nathalie Mauclair 15ème (3h28min), Sandrine Motto-Ros 34ème.
 
Personnellement je suis heureux de cette sélection, de ma course, menée du mieux possible avec les moyens actuels. J’ai pris beaucoup de plaisir, salué plus que d’habitude un public nombreux et enthousiaste qui me disait « aller la France » ! C’était une parenthèse régénérante dans une saison une nouvelle fois stressante avec l’enjeu du TTN et de la sélection aux mondiaux 2013 au pays de Galles.
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Merci à la FFA pour cette sélection, à l’encadrement pour sa sympathie et sa compétence, aux athlètes pour l’accueil et la convivialité, à l’organisation Suisse pour l’invitation et le week-end. Aux spectateurs, nombreux sur le parcours, qui n’ont pas boudés les encouragements avec une spéciale dédicace à Yohan qui avait une nouvelle fois fait le déplacement pour me voir courir. Et enfin merci à tous ceux qui me soutiennent tout au long de la saison, famille,  amis, partenaires, coureurs croisés sur un départ ou une arrivée ou ailleurs, amis du web, tous de plus en plus nombreux au fil des courses.
 
Pour tous ceux qui me demandent, le prochain gros rendez-vous sera la Grande Course des Templiers, entre temps de l’entraînement, une à deux courses de prépa et une grosse motivation. L’an dernier j’avais dit à ma femme que je voulais gagner l’Eco trail et la  6000D, cette année j’avais coché le Nivolet et les Templiers… J’ai fait la moitié du chemin, la deuxième partie s’annonce plus ardue.
 
A très vite, Fabien.
 
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Grand Stéfane 23/08/2012 07:28

Salut Fab,

au regard du CR que tu as écris je ne peux qu'admirer ta ténacité et ta persévérance. Tout cela avec bien entendu le soutien amoureux et logistique de Virginie que je salue également.
Chapeau l'artiste, décidément tu confirmes ton statut de pointure...
En parlant pointure, saches que je me tiens avec on équipe à ta disposition pour t'accompagner dans tout type de soins préparatoire ou... réparatoires!!

Amicalement,

Stéfane