Nivolet-Revard et Limousin, deux victoires et ça repart…

Publié le par fabienantolinos

Après la semi déception de ma troisième place à l’Eco Trail il fallait « marquer des points et les esprits » pour la suite du challenge national. Je voulais également me faire plaisir en course suite à ma longue agonie pour arriver fin Mars au premier étage de la Tour Eiffel.

« La course du Nivolet-Revard commencera aux Mentens », km 40 sur 51, c’est ce que je m’étais répété les derniers jours avant la course et durant notre montée à la croix du Nivolet, sur le plateau de la Féclaz ainsi que pendant la descente du Revard.

Ces 40 premiers kilomètres je les gère souvent avec Sylvain Court, Fabien Chartoire et au milieu Ludo Pommeret qui vient de se taper 83 km de course une semaine avant (quelle santé !).

Virginie qui m’a suivi et donné les écarts sur les ravitos m’annonce 2’ de retard sur Nicolas Pianet et surtout près de 4’ sur Sota, l’invité japonais qui surprend par sa facilité en course et surtout sa vitesse en descente. Je suis alors avec Sylvain mais Fabien et Ludo suivent également de près, bref y a du prétendant à la victoire. Je connais la fin du parcours par cœur, j’ai gardé des forces, c’est pour moi le moment idéal pour faire des différences, je passe en mode « machine de guerre » comme je l’ai entendu à mon passage sur les singles entre Les Mentens et Méry en doublant les concurrents du Malpassant (plus petit format de course parti 30 minutes après nous). Bref, je fonce en essayant de rester concentré et relâché, sans me retourner en attendant de nouveau écart à Méry. Je double rapidement Nicolas qui semble avoir des crampes et arrive déterminé au dernier ravito. L’écart s’est réduit à 1’50, le combler en 4 à 5 km ne va pas être facile mais j’ai appris que rien n’était jamais définitif en Trail. Je suis galvanisé par ma remontée et intensifie l’allure sur des chemins maintenant larges et roulants. En arrivant au pied de la dernière montée, juge de paix de ce trail, j’aperçois une silhouette qui court alors que les autres coureurs marchent… Virginie est là au croisement de la route et m’annonce 50 secondes de retard, je vois bien Sota maintenant, « je vais le faire, je vais gagner, c’est maintenant une question de secondes ! ». Je poursuis mon effort dans la partie la         plus raide de la côte, il se retourne, je le double tout en haut et après une tape amicale je me précipite dans la descente sur Voglans et l’arrivée, quel suspens et quel frisson.nv7[1]

f3b52c8c45[1]Me voici gagnant au Nivolet, un trail pour les vrais montagnards avec ses 2700 m de dénivelé et son parcours qui regroupe toutes les difficultés que l’on peut rencontrer sur un trail.  Sota complète le podium ainsi que Sylvain qui aura fait également une belle course et un joli finish. Chez les filles Céline Lafaye réalisera un cavalier seul(e) reléguant très loin sa dauphine…

Bravo également à tous les coureurs et mention spéciale aux derniers courageux qui ont dû braver l’orage. Merci à l’organisation pour sa compétence et son accueil chaleureux, aux bénévoles très présents sur le parcours qui nous ont encouragés.

 

Après cette course, je devais me reposer, couper, pour reprendre ensuite un cycle d’entraînement spécifique à la 6000D.

La victoire aidant, très vite trotte dans ma tête l’intention de remettre ça 3 semaines plus tard au Grand Trail du Limousin, support de la 4ème manche du TTN long. Je pèse le pour et le contre, demande l’avis de mon entourage même si ma décision est prise depuis l’arrivée du trail du Nivolet. J’irai donc dans le Limousin pour 4 raisons :

Je suis bien en ce moment, je ne connais pas la région et souhaite la découvrir, tous mes adversaires directs seront présents pour cet évènement, le parcours paraît intéressant, exigeant et rapide avec une organisation de grande qualité.

Dans la foulée, j’annule avec regret ma participation à certaines manches de l’Oxygène Challenge et décide de partir en reconnaissance avec femme et enfants dans le centre de la France pour le week-end de l’ascension (finalement uniquement le jeudi et le vendredi).

Rien de très glamour pour Virginie, sur le trajet des camions, des champs, des vaches et des moutons, à l’arrivée de nuit un gite RURAL, du temps pourri, mon VTT mes baskets et ma carte IGN top 25 d’Ambazac sur laquelle j’ai reporté le tracé du parcours.

Le jeudi, après 5h+3h de vélo et un peu de « jardinage » (+ de 80km au lieu de 65) je réussis à repérer presque tout le parcours. Je suis agréablement surpris par la qualité du tracé, c’est un trail qui court avec certaines portions techniques, des singles, de belles bosses par moment, un ruisseau en guise de sentier ailleurs… bref, de quoi prendre du plaisir en course et surtout se faire bien durcir les cuisses !

Jour J-1 :

Nous arrivons sur Ambazac en début d’après-midi, c’est bien une terre de trail puisque sur la route nous sommes passés par Bussière Dunoise, le Beau Breuil et avons terminé par Rilhac Rancon !

Le domaine du Muret qui sert de village trail est magnifique en ce samedi ensoleillé, des bois, un petit étang un grand champ balisé comme un cross-country, des tentes qui hébergent les stands des sponsors. Il y a du monde et de l’animation. En arrivant je fais faire un crochet à Virginie pour vérifier où se déroulera la dernière montée avant l’arrivée car 3 chemins mènent à la Chapelle, elle me signale comme toute femme qui souhaite aller voir les animations et les stands que « ça ne va pas se jouer au sprint quand même ! ». Je vérifie également avec un bénévole qui se trouve sur la ligne d’arrivée le début du parcours et l’arrivée… puis nous allons retirer mon dossard. Après un petit footing et quelques accélérations sur les 4 premiers kilomètres que je n’avais pas repérés nous P1030951passons par le stand de mon partenaire Sigvaris puis c’est le temps de la présentation des favoris pour les différentes épreuves du lendemain. Je me retrouve sur le podium avec Thomas (asics) parmi une armada de coureurs oranges aux couleurs d’addidas et Dominique Chauvelier chauffe le public. Nous rentrons ensuite à l’hôtel sur Limoges et après le repas je fais le point avec Virgie sur les ravitaillements du lendemain.P1030935

Jour J :

Réveil 5h10, déjeuner au Bio Cake chocolat Punch Power, remplissage de bidons, préparation des ceintures et c’est parti pour Ambazac. La course commence à 8h et je prends un peu trop mon temps en préparatifs, je me speed un peu pour gagner la ligne de départ alors que tous les autres sont déjà là et déjà…groupés ! Nous nous saluons, je suis détendu, il fait beau, ça va être une belle journée !

Le départ derrière les chevaux des gendarmes et sous les encouragements d’un public nombreux, constitué principalement des coureurs du 32 km qui nous suivront de 30’, est très sympa, il y a ambiance…

Sans réelle surprise un petit groupe se constitue à l’avant avec un train raisonnable entre 15 et 16km/h sur les 6 premiers kilos. Thierry Breuil, l’enfant du pays, Fabien Chartoire, Sylvain Court, Romuald Depaepe, Nicolas Martin et quelques autres coureurs dont je fais partie constituent ce peloton.

Dès la première montée ça accélère du côté de Thierry et Fabien, je fais ma course et temporise pour amortir un train déjà soutenu si tôt. La jonction se fait au 11ème km près du 1er ravitaillement puis à la faveur d’une descente que Sylvain négocie rapidement Thierry et Fabien s’échappent. Au 20ème j’ai 40’’ de retard sur Romu, Sylvain, Thierry et Fabien, je suis avec Nicolas. Je connais le tracé et sais que les difficultés commencent surtout au 30ème où nous avons rattrapé puis distancé Romuald et fait la jonction avec Sylvain. A Sauvagnac (29ème) nous sommes 3 à poursuivre le duo Thierry Fabien qui compte 1’30 d’avance puis rapidement 2’30 à la sortie de Noueix (32ème). C’est là que le chemin se transforme en ruisseau sur une centaine de mètres et que Nicolas et Sylvain continuent leur effort. Je ne change pas mes plans et essaie de ne pas mouiller les pieds en m’accrochant aux branches de la berge, en sautant de pierre en pierre, en marchant dans les hautes herbes ou les ronces… Mission accomplie les pieds sont saufs, je peux maintenant essayer de combler mon retard ! Très vite je reviens sur mes deux compagnons puis poursuis mon effort sur une côte que je sais courante et continue, un petit trou est fait. Je rattrape ensuite Fabien qui paraît à la peine (il abandonnera avec une douleur au genou) avec dans mon sillage toujours mes deux compagnons qui sont revenus dans la descente. Au km 40 c’est le ravito de Vieux et Virgie me signale que Thierry n’est plus qu’à 1’50. Je saurai plus tard que Nicolas et Sylvain n’étaient alors qu’à une minute de moi. Là encore une montée exigeante se profile et je double les concurrents du 32 qui m’encouragent et me donnent des forces. L’écart avec Thierry se réduit rapidement et je finis par le voir à la faveur d’une descente technique qu’il mène encore très bien. Je le double dans la montée suivante, l’encourage et continue mon chemin. Il reste encore environ 18 km pour rallier l’arrivée et surtout dans une dizaine de kilomètres les parties plus roulantes. Je veux faire une bonne différence de suite et continue à imprimer un bon rythme, les jambes répondent bien, « ça devrait passer ! ».382428 411985242158248 957959522 n

Et ça passe… la fin est superbe, la remontée sur la chapelle se fait sous les applaudissements, à l’arrivée un tapis rouge m’attend avec une foule nombreuse qui encourage de part et d’autre des barrières. Je prends le temps de saluer les gens, d’embrasser ma femme et de passer la ligne en marchant pour savourer encore un peu plus le moment. Ce trail et cette arrivée restera un temps fort de ma saison 2012. Un grand merci une nouvelle fois à Virgie pour les ravitaillements et à l’organisation, au top du top sur cet évènement. N’oublions pas que sans les organisateurs il n’y aurait pas de course et que les émotions et le plaisir sont souvent à la hauteur de la qualité des parcours et de l’organisation des courses. Bravo une nouvelle fois aux coureurs et plus particulièrement à mes adversaires de qualité qui font également le plaisir de courir et de se dépasser. Félicitations à Sylvain Court et Nicolas Martin qui complètent le podium après une course pleine ainsi qu’à Nathalie Mauclair qui gagne en féminine et surtout qui se classe 7ème du classement général.P1030961P1030964

Au plaisir d’être de nouveau sur les sentiers et de vous raconter la course, Fabien.

 

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